Dans cet article, vous lirez :
Qu’est-ce que l’intolérance à l’histamine ?
L’intolérance à l’histamine signifie que l’organisme a des difficultés à dégrader l’histamine. Cela est le plus souvent dû à un déficit ou à un dysfonctionnement de l’enzyme diamine oxydase (DAO). En cas d’intolérance à l’histamine, la consommation d’aliments et de boissons riches en histamine peut entraîner des symptômes tels que des maux de tête, des éruptions cutanées, des troubles digestifs et d’autres réactions d’hypersensibilité.
Les aliments qui contiennent généralement beaucoup d’histamine sont les produits affinés et fermentés tels que le fromage, le vin, la bière, la sauce soja, le miso, le kéfir, la choucroute et les charcuteries transformées comme le salami et le pepperoni. Le poisson qui n’a pas été refroidi immédiatement après la pêche ou qui a été conservé longtemps, comme le thon, le maquereau et les anchois, contient également beaucoup d’histamine. Enfin, certains fruits et légumes contiennent aussi beaucoup d’histamine ou favorisent sa libération. Il s’agit notamment des tomates, des épinards, des aubergines ainsi que de fruits comme les fraises et les agrumes. Vous pouvez lire des informations très détaillées sur les aliments contenant de l’histamine dans l’article consacré au régime en cas d’intolérance à l’histamine.
Une intolérance est souvent liée à la quantité d’histamine qui pénètre dans l’organisme et que celui-ci ne parvient pas à traiter efficacement. Une petite quantité d’histamine est souvent tolérée, mais en cas d’excès, des symptômes peuvent apparaître. Ce seuil varie d’une personne à l’autre. On estime qu’environ 1 % de la population est sensible à l’histamine. Cela correspond à environ 170 000 personnes aux Pays-Bas et 115 000 en Belgique. Environ 80 % des personnes ne développent une intolérance à l’histamine qu’à l’âge mûr, et elle touche surtout les femmes. L’intolérance à l’histamine ne peut pas être totalement guérie, mais les symptômes peuvent souvent être bien contrôlés grâce à des adaptations alimentaires, des changements de mode de vie et/ou l’utilisation de certains comprimés pour soutenir la dégradation de l’histamine. Vous en lirez plus à ce sujet sur cette page.
Quel est le rôle de l’histamine ?
L’histamine est stockée dans les mastocytes dans tout l’organisme (notamment au niveau des poumons et du tractus gastro-intestinal). Les mastocytes sont des cellules immunitaires de notre organisme impliquées dans les réactions allergiques et les processus inflammatoires, par la libération d’histamine et d’autres médiateurs inflammatoires. L’histamine joue donc un rôle essentiel dans les allergies et les infections, car elle participe aux mécanismes de défense de l’organisme. Lors d’une allergie, l’histamine est libérée en réaction à un allergène, ce qui entraîne des symptômes tels que des démangeaisons, des éternuements et des gonflements. Cela aide l’organisme à éliminer l’allergène. En cas d’infection, l’histamine peut dilater les vaisseaux sanguins et augmenter la circulation sanguine, permettant ainsi aux globules blancs d’atteindre plus facilement la zone infectée pour combattre les agents pathogènes. Elle peut aussi provoquer des symptômes comme la fièvre et l’inflammation afin d’aider l’organisme à lutter contre l’infection.
L’histamine est dégradée par la diamine oxydase (DAO). Cette enzyme joue un rôle important dans la réduction de l’histamine dans notre intestin.
En dehors de sa fonction dans le système immunitaire, l’histamine aide également à réguler des fonctions physiologiques dans l’intestin et agit comme neurotransmetteur dans le cerveau. Elle contribue notamment à la production d’acide gastrique, ce qui est important pour faciliter la digestion des aliments. Les neurotransmetteurs participent à la communication entre les cellules nerveuses. Parmi les exemples de neurotransmetteurs figurent l’adrénaline, qui transmet des signaux entre les cellules nerveuses du cerveau, et la dopamine, souvent appelée hormone du bien-être. L’histamine influence aussi la transmission de l’influx nerveux et, par conséquent, le rythme veille-sommeil.
Enzyme DAO et histamine
L’histamine présente dans notre organisme est dégradée par une enzyme appelée diamine oxydase (DAO). Cette enzyme joue un rôle important dans la réduction de l’histamine dans notre intestin, en particulier chez les personnes souffrant d’intolérance à l’histamine. Si la DAO ne fonctionne pas correctement ou si elle est présente en quantité insuffisante, cela peut entraîner une accumulation d’histamine. Cela peut provoquer divers symptômes tels que des maux de tête, des éruptions cutanées et des troubles digestifs. Il est donc essentiel de maintenir un bon équilibre entre l’histamine et la DAO pour votre bien-être général.
Intolérance à l’histamine ou allergie à l’histamine ?
Techniquement, une « allergie à l’histamine » n’existe pas, car l’histamine est une substance produite par l’organisme lui-même dans le cadre d’une réaction allergique. Ce qui est souvent pris pour une allergie à l’histamine est en réalité une réaction allergique. Dans ce cas, l’organisme réagit à un allergène, comme le pollen, les acariens ou certains aliments, en libérant de l’histamine à partir des mastocytes. Cela provoque alors les symptômes allergiques bien connus. En savoir plus sur les différences entre une intolérance et une allergie.
Cause de l’intolérance à l’histamine
L’intolérance à l’histamine est souvent causée par un déséquilibre dans la dégradation de l’histamine dans l’organisme. L’une des causes peut être liée à d’autres affections qui augmentent la production d’histamine, comme le rhume des foins. Le stress et une carence en enzyme DAO jouent également un rôle. Consultez l’image pour voir les causes ainsi que les facteurs pouvant déclencher une intolérance à l’histamine.
Rhume des foins et intolérance à l’histamine
Les personnes souffrant de rhume des foins peuvent avoir une quantité accrue d’histamine dans leur organisme, car leur système immunitaire réagit à des allergènes tels que le pollen en libérant de l’histamine. Cette augmentation de la production d’histamine peut aggraver les symptômes d’une intolérance à l’histamine déjà présente, puisque l’organisme a déjà du mal à dégrader l’histamine.
Histamine et stress
Le stress est un autre facteur susceptible de perturber l’équilibre de l’histamine dans l’organisme. Pendant les périodes de stress, le corps réagit en libérant différentes hormones, qui peuvent à leur tour stimuler la libération d’histamine. Ce processus, appelé stress lié à l’histamine, notamment via l’hormone du stress cortisol, peut renforcer les symptômes de l’intolérance à l’histamine, de sorte que les personnes concernées peuvent présenter des réactions plus marquées aux aliments riches en histamine ou aux allergènes.
Un déficit en DAO
L’intolérance à l’histamine apparaît souvent en raison d’un déficit en enzyme DAO, qui est responsable de la dégradation de l’histamine dans notre organisme. Lorsque cette enzyme est absente ou ne fonctionne pas correctement, l’histamine s’accumule et se diffuse dans l’organisme, ce qui entraîne des symptômes. Les causes d’un déficit en DAO sont variées :
- Déficience congénitale (déficit présent dès la naissance).
- Apport insuffisant en vitamine B6, essentielle au bon fonctionnement de la DAO.
- Déséquilibre de la flore intestinale, par exemple après une opération, une radiothérapie ou une chimiothérapie.
- SIBO (causé par une prolifération bactérienne) et SIFO (causé par un champignon).
- Allergies et réactions inflammatoires dans l’organisme.
- Maladies intestinales, comme la maladie de Crohn et la maladie cœliaque, cette dernière n’étant pas une intolérance au gluten mais plutôt une maladie auto-immune.
- Carences nutritionnelles dues à certains médicaments et à la consommation d’alcool.
- Utilisation prolongée d’AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) ou de bloqueurs de l’histamine.
- Hémorragies gastriques, faible immunité et épuisement important.
- Mastocytose*, une maladie rare dans laquelle l’organisme produit trop de mastocytes contenant de l’histamine.
* Il est toutefois important de distinguer la mastocytose de l’intolérance à l’histamine, car la cause sous-jacente est différente. Consultez votre médecin traitant pour obtenir un diagnostic et un traitement appropriés en cas de suspicion d’intolérance à l’histamine ou de mastocytose.
Quels sont les symptômes d’une intolérance à l’histamine ?
En cas d’intolérance à l’histamine, les maux de tête, la diarrhée et les nausées sont des plaintes fréquentes. En plus de cela, une intolérance à l’histamine peut provoquer un large éventail de symptômes, comme l’illustre l’image :
- Brûlures d’estomac : l’une des plaintes fréquentes en cas d’intolérance à l’histamine est l’excès d’acidité gastrique, qui peut entraîner des brûlures d’estomac et une gêne après les repas.
- Douleurs musculaires : certaines personnes souffrant d’intolérance à l’histamine ressentent des douleurs musculaires en raison des réactions inflammatoires dans l’organisme.
- Prise de poids : une intolérance à l’histamine peut parfois entraîner une prise de poids, possiblement à cause de l’inflammation et de modifications du métabolisme.
- Fatigue : de nombreuses personnes souffrant d’intolérance à l’histamine signalent une fatigue liée aux réactions du système immunitaire à l’histamine.
- Démangeaisons : en cas d’intolérance à l’histamine, les démangeaisons sont provoquées par l’histamine, une substance libérée en réaction à des aliments riches en histamine, qui dilate les vaisseaux sanguins et stimule les terminaisons nerveuses, entraînant ainsi une irritation cutanée et des démangeaisons.
- Problèmes cutanés : ils sont causés par la stimulation des récepteurs cutanés par l’histamine, ce qui entraîne des symptômes comme des rougeurs, des éruptions cutanées et des démangeaisons.
Comment savoir si vous êtes hypersensible à l’histamine ?
Pour savoir si vous êtes hypersensible à l’histamine, vous pouvez faire un test d’histamine. La difficulté réside dans le fait que les symptômes observés en cas d’intolérance à l’histamine ressemblent à ceux d’une intolérance alimentaire. C’est pourquoi il peut être utile, en plus de réaliser un test d’intolérance à l’histamine, d’effectuer également un test d’intolérance alimentaire.
- Test d’intolérance : vous découvrirez à quels aliments et à quelles substances vous réagissez négativement. Cela permet d’identifier les intolérances et sensibilités alimentaires qui peuvent provoquer des symptômes tels que des troubles digestifs, des éruptions cutanées et de la fatigue.
- Test du microbiome : vous souffrez souvent de ballonnements, de diarrhée ou au contraire de constipation ? Ou vous envisagez d’utiliser des probiotiques ? Vérifiez alors d’abord la composition de votre microbiome, c’est-à-dire de votre flore intestinale, grâce à ce test.
Traitement de l’intolérance à l’histamine
Il existe différentes manières de traiter une intolérance à l’histamine, notamment :
- Régime en cas d’intolérance à l’histamine : en cas d’intolérance à l’histamine, le cœur du traitement reste généralement l’évitement des aliments et boissons riches en histamine. Un diététicien peut vous accompagner dans cette démarche. Consultez également notre page consacrée au régime en cas d’intolérance à l’histamine.
- Compléments en cas d’intolérance à l’histamine : il existe des compléments contenant de la diamine oxydase (DAO), l’enzyme qui dégrade l’histamine. Ces comprimés d’histamine peuvent être pris avant la consommation d’aliments riches en histamine afin de réduire les symptômes. Lors d’un repas très riche en histamine, vous pouvez alors prendre deux comprimés, et un seul si le repas en contient peu.
- Médicaments contre l’intolérance à l’histamine : dans certains cas, des médicaments peuvent être prescrits pour réduire les symptômes. Une question fréquente est : « Que sont les antihistaminiques ? » Les antihistaminiques, comme la cétirizine ou la loratadine, sont des médicaments qui peuvent être utilisés pour diminuer les réactions à l’histamine. Demandez toujours conseil à votre médecin si vous envisagez de prendre des comprimés contre l’histamine.
- Probiotiques en cas d’intolérance à l’histamine : certaines personnes constatent un bénéfice avec des probiotiques contenant des souches spécifiques capables d’améliorer la flore intestinale et de favoriser la dégradation de l’histamine. Lactobacillus rhamnosus GG est un exemple de souche probiotique pouvant être utile. Avant d’envisager des probiotiques, il est judicieux de connaître la composition de votre microbiome, c’est-à-dire de votre flore intestinale. Cela peut être évalué grâce à notre test du microbiome.
Il est important de consulter un professionnel de santé afin d’obtenir un plan de traitement individuel en cas d’intolérance à l’histamine, car la prise en charge peut varier selon la gravité de l’intolérance et les symptômes spécifiques de la personne.
Quand consulter un médecin en cas de symptômes liés à l’histamine ?
Souffrez-vous régulièrement de maux de tête, de problèmes cutanés, de brûlures d’estomac, de démangeaisons, de troubles digestifs, de fatigue inexpliquée ou d’autres symptômes pouvant être liés à des aliments riches en histamine ? Et ces symptômes persistent-ils plus de deux à trois semaines ? Dans ce cas, contactez votre médecin traitant. Cela est particulièrement important en présence de signes d’alerte tels qu’une perte de poids inexpliquée, du sang dans les selles, une diarrhée persistante, des réactions cutanées sévères ou des difficultés respiratoires. Ne commencez pas de votre propre initiative un régime pauvre en histamine avant d’avoir effectué des examens, car cela peut rendre le diagnostic correct plus difficile.
Un médecin peut, grâce à une anamnèse approfondie, un examen clinique et des examens ciblés, évaluer s’il s’agit d’une intolérance à l’histamine, d’une allergie ou d’une autre cause sous-jacente, comme une mastocytose ou une maladie intestinale. Si nécessaire, le médecin peut vous orienter vers un allergologue ou un gastro-entérologue pour des examens complémentaires et un traitement. Si un régime pauvre en histamine est recommandé, il est conseillé de demander l’accompagnement d’un diététicien afin de prévenir les carences nutritionnelles.
Lorsque les causes graves ont été exclues par un médecin ou un spécialiste, les tests ci-dessous peuvent aider à mieux comprendre vos symptômes : un test d’intolérance pour identifier les hypersensibilités à certains aliments, et un test du microbiome pour examiner si un déséquilibre de la flore intestinale joue un rôle. Ces informations vous aident ensuite à agir de manière ciblée sur votre alimentation et votre récupération.
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Questions fréquentes sur l’intolérance à l’histamine
1. Qu’est-ce que l’intolérance à l’histamine et en quoi diffère-t-elle d’une allergie ?
En cas d’intolérance à l’histamine, votre organisme dégrade moins bien l’histamine en raison d’un déficit ou d’une diminution de l’activité de l’enzyme DAO (diamine oxydase), qui aide normalement à dégrader l’histamine dans l’intestin. L’histamine peut alors s’accumuler et provoquer des symptômes. En cas d’allergie, le système immunitaire réagit à une substance spécifique, tandis qu’en cas d’intolérance à l’histamine, il s’agit d’une accumulation d’histamine.
2. Quels symptômes sont fréquents en cas d’intolérance à l’histamine ?
Les symptômes fréquents sont les maux de tête, les rougeurs ou démangeaisons cutanées, les troubles digestifs, les palpitations et la fatigue. Tout le monde ne présente pas les mêmes symptômes, et leur intensité peut varier d’une personne à l’autre.
3. Quels aliments peuvent provoquer des symptômes ?
Les aliments riches en histamine ou ceux qui favorisent la libération d’histamine peuvent provoquer des symptômes. Les produits fermentés, affinés ou conservés longtemps sont particulièrement susceptibles d’en provoquer, comme les fromages affinés, l’alcool, les charcuteries transformées et certaines espèces de poissons.
4. Que peut-on manger dans le cadre d’un régime pauvre en histamine ?
Des aliments frais et non transformés, comme du poulet frais, du poisson, de la viande, des œufs et des céréales sans gluten telles que le riz, le sarrasin et l’avoine. Les légumes comme la courgette, la carotte, le concombre, le poivron et la laitue, ainsi que des fruits comme les myrtilles, les bleuets, la poire mûre et la mangue, sont aussi souvent bien tolérés en petites portions.
5. Quels autres facteurs aggravent les symptômes ?
Le stress, le manque de sommeil, l’alcool, les fluctuations hormonales, les allergies comme le rhume des foins et certains médicaments, comme les AINS et les antidépresseurs, peuvent diminuer la tolérance à l’histamine. Un déséquilibre intestinal peut également jouer un rôle, comme dans le cas du SIBO, une prolifération bactérienne dans l’intestin grêle, où de l’histamine supplémentaire peut être produite et aggraver les symptômes.
6. Comment peut-on tester une intolérance à l’histamine ?
En cas de symptômes persistants, il est recommandé de consulter d’abord son médecin traitant. Un test d’intolérance à l’histaminepeut apporter des informations complémentaires sur la manière dont votre organisme gère l’histamine, en particulier au niveau intestinal.
7. Un régime d’élimination puis de réintroduction peut-il aider ?
Oui, cela peut aider à découvrir votre seuil de tolérance personnel. En adoptant temporairement une alimentation pauvre en histamine, puis en réintroduisant progressivement certains produits, vous obtenez une meilleure compréhension de ce qui vous convient ou non. L’accompagnement d’un diététicien est recommandé.
Les résultats sont fournis à titre exclusivement informatif. Seul un médecin peut poser un diagnostic officiel et établir un plan de traitement.
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